Texte reçu qui donne la pêche !
Big up aux lycéens qui ont ouvert le bal et à tous les déter qui ont rejoint massivement le mouvement le 17 octobre à Toulouse. On écrit ce texte en vue d'acter et féliciter ce qu’on a commencé.
Une banderole renforcée à l'avant de la manif à affermi la frontline. Revenons-y, parce que le cortège de tête n'était pas le seul lieu d'affrontements dans la manif : à l'arrière, aux milieux, tout le long de la manif, des keufs se sont fait charger et ciblés par des mortiers d'artifices. Le temps que tous ces gens déter nous rejoignent à l'avant, la frontline a affronté la CDI pendant 1 heure, on a encaissé trois charges policières, sans reculer. Aux coups de matraques, on répond avec des coups de poing, coups de pied, rondins de bois, croche-patte, prises de catch ! Malgré le manque de cailloux à leur lancer dessus et la malheureuse perte de la banderole, on a quand même réussi à tenir la ligne et les faire abandonner à chaque fois, en les submergeant, en leur fonçant dessus, en les faisant tomber, en les blessant et en continuant d'avancer.
Arrivés à St-Cyprien, la frontline devient énorme, le problème des munitions est résolu, les cailloux circulent, les CRS prennent cher, ils tentent une percée mais s'en prennent plein la tête, ils reculent avec difficulté. Ils ne retenteront plus. La rue est à nous. 1h plus tard une nouvelle troisième ligne de CRS réussi à nous surprendre, ce qui démarre une sauvage en direction de patte d'oie. Pendant plusieurs heures, les banques sont envahies et défoncées, dans toutes les rues autour jaillissent des petites barricades. La commune de patte d'oie prend vie.
En parallèle entre Jeanne d'arc et Jean Jaurès, ça court, ça tire des feux d'artifices, ça casse des vitres de camion de CRS. Un véritable jeu de tennis, les flics envoient en essayant de nous faire reculer, pas de bol, on renvoie la balle et on les fait reculer aussi. Les gens ne s'en lassent pas : pendant plusieurs heures, les personnes résistent, prennent des pauses, mesurent les forces et prennent le relais, entre tous ces aller-retours.
Le dispositif est débordé, ils n'arrivent qu'à sécuriser la place du Capitole pour défendre la mairie. Les manifestants à Patte d'Oie rejoignent ceux de Jean Jaurès. On pille les magasins de la Rue Alsace Lorraine et autres boutiques autour du capitole. Les CRS sont débordés et laissent faire. Peu importe le groupe que tu suis, la route que tu prends, il y a des choses qui se passent partout, la route est à nous, nous sommes inarrêtables.
Désormais c'est nous qui déterminons le parcours de la manif et tous les gens décident que c'est Partout ! Des barricades se dressent et s'enflamment dans tout le centre-ville, les boutiques surcotées se font piller.
Depuis les GJ en 2018/19 jusqu'aux émeutes de Nahel en 2023, on n’a jamais vu une rage collective et une déter aussi forte qu'en ce 17. Les médias et le gouvernement se plaignent d'une jeunesse et des chômeurs soi-disant feignants, qui ne connaissent pas le vrai travail : mais nous sommes prêts le matin pour exprimer notre colère et à en découdre jusqu'à tard le soir, les semaines qui ont précédé, le 17 et les jours à venir. Restons unis dans l’offensive.
Il n'y a pas de doute, que ce soit ici à Toulouse ou ailleurs en France, l’État ne tient plus que par son armée, on a vu ses petits chiens trembler et s'enfuir parce qu’ils n’avaient plus de munitions à la fin de la journée. Si on continue de les épuiser ils finiront par lâcher. Les mouvements sociaux de ces dernières années accumulent de l'expérience, on prend des repères, on communique entre nous pendant les affrontements, on se protége, on porte des lunettes et des masques pour éviter les gaz, on veille à l'anonymat avec les vêtements et les images.
L'exaltation et l'esprit d'équipe se renforce à chaque charge des flics auquel on résiste, chaque fois qu'ils ont voulu nous faire reculer, on les a fait reculer. Nous savons de quel côté des charges nous sommes.