« Des saynĂštes, donc, câest-Ă -dire des tranches de vie saisies sur le vif. Peu de personnages, mais une mise en situation qui illustre quelque chose qui va bien au-delĂ du rĂ©cit. Ce que Xavier Eman raconte, pour se moquer de ses contemporains, ce sont des histoires dâhommes et de femmes de leur temps, câest-Ă -dire des hommes et des femmes sans qualitĂ©(s). Des enfants qui nâont jamais grandi ou des adultes qui ont reniĂ© leur jeunesse. Ils rĂ©pĂštent ce quâils ont entendu dire, ils psalmodient les mantras de lâidĂ©ologie dominante, ils consomment sans se poser de questions, ils ont des plaisirs et des colĂšres Ă leur image, des passions tristes, des aspirations mĂ©diocres, une sexualitĂ© minable, mais se considĂšrent eux-mĂȘmes comme des gens trĂšs intĂ©ressants.
Ce sont finalement les « derniers hommes » dont parle Nietzsche, ces hommes qui ont pour point commun de ne rien placer au-dessus dâeux-mĂȘmes, mais qui croient avoir inventĂ© le bonheur. Xavier Eman ne porte aucun jugement sur eux. Il les prend en photos, littĂ©rairement parlant. Il les regarde faire comme lâentomologiste observe les insectes qui sâagitent sous son microscope. Câest bien vu, câest parfaitement croquĂ©. Câest gĂ©nĂ©ralement trĂšs drĂŽle et surtout significatif. »
Alain de Benoist, extrait de la préface (
https://www.revue-elements.com/produit/une-fin-du-monde-sans-importance-vol-3/)